15 février 2008

Le Couteau-chien? ... C'était pas un projet d'anim ça, avant?



Bon alors, vous êtes sûr de vouloir en savoir plus sur ce projet? Ma tchatche de caillera vous découragent pas trop?

Bon ok! ça part d'un ancien projet de spécial TV prévu avec FRANCE 3, et d'un film d'animation Le retour de Liaram que j'autoproduis depuis déjà 2 ans. Inspiré de l'histoire des Antilles françaises et dédiée à Aimé Césaire, ce court-métrage valorise la figure du héros rebelle. Le récit retrace la légende de Liaram fils du volcan, un jeune Marron qui a su défier le Diable en personne avant de se transformer en arbre. L'insurrection de Liaram ébranla à jamais l'Empire du Mal. Et depuis, d'autres fils du volcan ont pris la relève de ce héros légendaire.

Cette BD constitue la suite du Retour de Liaram. C'est à travers le voyage de Zuel, un jeune banlieusard casse-cou et casse-couilles, qu'est évoquée la Légende de Liaram. L'histoire de Zuel quant à elle, commence entre les tenailles bien réelles du béton et de la répression policière. Sa course perpétuelle contre l'échec social et l'indifférence finira dans une sorte d'introspection onirique de sa personnalité métissée.

L'aventure du Couteau-chien nous emmène aussi dans les profondeurs d'une mémoire ancestrale, celles des non-dits de l'Histoire et des héros oubliés, là où s'entretiennent les conflits interculturels d'une société en pleine crise d'identité.

Ouaaaais, dit comme ça, on peut pas faire plus soporifique, je sais! Genre j'me la joue intello. Mais je vous avais prévenus, c'est pas donné à tout le monde de lire mes lettrages de guedin! Alors ok, je la refais plus tranquille!

La BD, c'est l'histoire d'un petit caïd de banlieue qui va vivre un truc de ouf. En fait, le mino se la joue racaille. Mais le soir de la Fête des Morts, après avoir récupéré un mystérieux couteau en argent, il va direct en Enfer et devient l'héritier du Diable. C'est con, Zuel va devoir faire un choix : accepter cet héritage funeste qui l'oblige à bouffer de la chair humaine (celle de ses potes Robin et Zouti pour commencer), ou se tirer de là vite fait pour garder un visage humain.

Mais, c'est pas si simple. La fille du Diable est plutôt mignonne, et l'épouser fait de toi son empereur, ce qui te garanti un règne absolu et éternel... mais en enfer ! Et puis, y a ce couteau trop mortel que Zuel a trouvé. Ben ouais, un tas de monde aimerait bien l'avoir ce couteau. Cette arme peut te filer un pouvoir de killer! À côté, Al capone c'est mickey ! Par contre y'a une couille! Si tu perds ce couteau et que quelqu'un d'autre s'en empare, tu te transformes direct en cochon ...

Quoi ? Ça vous va toujours pas ?... T'as quel âge toi?
De toute façon, c'est un projet prévu pour les ado-adultes ; narration pêchue style rap, entrecoupée d'instants contemplatifs façon manga ; et une réalisation plutôt pêchue, avec encrage au tracé nerveux et couleurs façon speed painting.

Question réalisation, le défi est osé c'est sûr. À partir d'un séquencier succint où les grandes lignes de l'histoire sont évoquées, j'attaque le découpage et la mise en page en impro. Cette étape est l'occasion d'une séance de transe où le mouvement, le rythme et l'inconscient sont prioritaires sur tout le reste. Un sorte d'écriture automatique. Que ce soit au niveau de la narration, ou encore dans "l'exécution graphique" des planches, la spontanéité et l'improvisation sont les maîtres mots. Le geste (le corps et l'inconscient) au service de l'histoire et des images, et cela dans le laps de temps où il s'exprime avec le plus de sincérité possible. Cette écriture graphique s'inspire du Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire, auquel je souhaite rendre hommage. Je voulais exprimer à ma manière cette forme d'oraliture parfois viscérale qui me touche dans les cultures dites afro (le conte traditionnel antillais, la musique, la danse et la peinture haitienne aussi) et urbaines (le hip hop, le rap, le slam et le graffiti bien entendu).

J'ai également puisé dans la peinture de Velásquez, les gravures de Goya, la palette et la touche de Monet. Quant à mes inspirations pour l'écriture, elles me viennent du répertoire afro-caribéen des contes oraux jusqu'à la littérature fantastique ou de SF (Joseph Hazaël Massieux, Amadou Hampâté Bâ, Amos Tutuola, Aimé Césaire, Joseph Zobel, Gary Victor, George Orwell etc..)

Toutes ces formes d'expression m'ont influencé, et c'est au carrefour de tout cela que pourrait se situer l'identité de cette première bande dessinée complètement barrée.

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